Enquête sur une folie aux portes de Paris
Le site Mediapart a récemment publié une enquête en quatre volets consacrée à la psychiatrie, telle qu’elle est exercée et vécue au centre hospitalier Paul Guiraud de Villejuif. Certains parleront de « centre hospitalier spécialisé », pour reprendre la dénomination légale et réglementaire issue du code de la santé publique, laquelle est d’ailleurs jugée stigmatisante par nombre de professionnels du secteur. Ces derniers préféreront sans doute parler d’établissement public de santé mentale. Querelle sémantique, en somme.
Je ne saurais trop recommander aux lecteurs de se reporter à ces quatre volets :
1/ Villejuif, enquête sur une folie enfermée à double tour ;
2/ Dans l’enfer du pavillon 38 de l’hôpital de Villejuif ;
3/ Aux « fous dangereux », des droits morcelés ou non-appliqués ;
4/ Des malades « difficiles », que l’enfermement à vie menace.
Il apparaît évident que la raison de ces publications trouve sa source dans le projet du Gouvernement de voter une grande loi sur la psychiatrie, avant l’été 2009, ce qui s’annonce plutôt mal, le rapport Couty ayant été vraisemblablement relégué aux oubliettes.
N’hésitez pas à livrer vos impressions, sentiments et opinions sur cette enquête et, de façon plus générale, sur ce que vous inspire une éventuelle réforme de la psychiatrie en France.
Omar YAHIA


@ calisson : Concernant le renvoi vers Mediapart, je me suis précisément abonné au site pour en faire profiter mes lectrices et lecteurs. Je ne comprends dès lors pas que vous n’y ayez pas accès. Les quatre liens hypertextes que j’ai mis en ligne sont pourtant parfaitement opérants !
Article très important pour mon association d’usagers « schizo-oui », une référence que nous pourrions diffuser sur son site web. Malheureusement, le renvoi de votre article sur le site de Médiapart crée une frustration quand on n’y est pas abonné, comme moi !
Pourquoi centrer le propos sur les UMD, alors que les urgences ordinaires et la continuité des soins sont si mal assurés en ambulatoire que les malades et les familles sont majoritairement délaissés, « perdus de vue » par les soignants et dans les statistiques administratives !
Ces articles sont très bien. Mais ils ne parlent que de l’UMD, autrement dit du spectaculaire. Que dire de l’absurde sectorisation psychiatrique « pensée » uniquement en terme géographique et non en terme pathologique ? Un schizophrène fréquentera dans le même pavillon un paranoïaque, un maniacodépressif, voire un polyhandicapé. Autrement dit, la loi institutionnalise la Cour des miracles. Enfin, la loi?! Je me comprends. Il s’agit plutôt d’une circulaire de 1960. Voyez le souverain mépris gouvernemental.
Il faut croire que l’hôpital psychiatrique et plus psychiatrique qu’hospitalier. Pourquoi ne pas avoir inclus la réforme de la psychiatrie dans la loi HPST ? Cette dernière a été tellement mal engagée qu’on n’est plus à ce « détail » près.
Quoi qu’il en soit, bravo pour votre site. Excellente continuation.
Je vous remercie de votre site et des infos mises en ligne. Je viens de lire les 4 volets de l’enquête qui me paraît bien documentée et sérieuse.
Une phrase m’a interpelé dans le 1er volet : « On s’étonne de ce que les malades soient définis uniquement par les risques qu’ils présentent sans que ne soit évoquée leur souffrance. »
Entre les murs et les molécules, quelle place pour le malade mental ?
Finalement, dans cette histoire, tout le monde souffre. Les malades souffrent (on les shoote, on ne les soigne pas). Le personnel soignant souffre (insécurité, usure professionnelle, etc.). Les familles souffrent.
Un cercle infernal.